03 juillet 2011

Vous avez dit « implication » ?

 

Toute démarche caritative et, a fortiori, humanitaire ne peut se concevoir sans partenariat.

Celles pouvant entourer le drame japonais passent fatalement par la sensibilisation des acteurs impliqués dans les relations franco-japonaises. En tout premier plan, figurent les associations de toute sorte évoluant dans les relations culturelles/cultuelles/sportives/académiques/scientifiques, pour ne prendre que quelques exemples, et unissant les deux pays.

C'est donc d'un pas assuré que j'expédiais, le 21 juin dernier, un flot de 120 mails pour faire connaître notre initiative. Si je ne m'attendais pas à un raz de marée, je pensais quand même qu'une majorité d'interlocuteurs allaient me faire réponse. Je dis bien : répondre. Pas forcément : adhérer.

 

Parlons-en :

 

51 lectures sur 120 mails

Mon courrier comprenait une série de 9 liens (tout de même). Mon système d'accusé-réception me permettant aussi de voir quels liens ont été visités, j'ai pu constater que seuls 4 (quatre - four - quatro - cuatro - vier) liens avaient été visités parmi un choix potentiel de 120 x 9 = 1 080 possibilités. Bizarrement, c'est UN seul lien qui a été visité 4 fois : celui du moteur de recherche de la liste de discussion. Un intérêt sur le choix d'un foyer d'accueil était donc là. Enfin, si l'on peut dire car, 4 utilisations du moteur de recherche sur 51 lectures, on ne peut pas parler, là encore, de raz de marée !

En allant plus loin, j'ai aussi regardé quel était le temps de lecture moyen des 51 mails qui avaient été ouverts. Là encore, je devais découvrir que le record absolu de rapidité de lecture était d'une demi-seconde; le destinataire ayant ouvert le mail 4 fois pour un temps de lecture cumulé (si j'ose dire) de 2 (deux) secondes. Ça laisse rêveur... Immédiatement après vient un lecteur qui a lu 3 fois le mail pour un temps de lecture cumulé de 30 secondes (soit 10 secondes à chaque lecture) et un autre qui a lu une seul fois le mail... en 12 secondes.

Quand on songe que le mail incriminé pesait tout de même 110 (cent dix) lignes, je vous laisse le soin de déterminer si, oui ou non, les intéressés relèvent du Guinness des Records.

Je terminerai ce douloureux chapitre en précisant que, bien sûr, aucun des destinataires de ce courrier ne nous a contactés par la suite.


Que dire de ce comportement ?

J'ai pensé un moment que les différences culturelles pouvaient expliquer un manque d'implication. Mais le panel de destinataires incluait quasiment autant de Français que de Japonais. Alors ? Le problème et ailleurs.

N'a-t-on pas compris que c'était, même depuis le 11 mars, une question de survie ? Visiblement pas : ni en France, ni au pays du soleil levant. D'autres acteurs impliqués dans ce drame ont aussi été joints dont deux depuis le 19 mai. Je ne vous surprendrais pas en vous disant que mon mail n'a même pas été lu. Et là, c'est pire puisque les intéressés demandent ouvertement de l'aide. Enfin, des Japonais du Japon qui, eux aussi, demandent de l'aide sur Internet, restent sourds à nos propositions.

 

Le véritable double langage.

Merci de nous donnner le décodeur.

 

On ne peut pas être plus royaliste que le Roy !

Dans ces conditions, la communauté internationale, complètement muette sur la disparition lente du peuple japonais — que l'on me rectifie si je me trompe — en arriverait presque à ne pas être criticable. Que diable : on ne peut pas être plus royaliste que le Roy !

 

De la reconnaissance officielle du statut de réfugié environnemental

C'est sous le plume de RNW que apprend que le terme de " réfugié environnemental " a été créé par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) en 1981. Aujourd’hui, la Suède et la Finlande reconnaissent les " migrants environnementaux " en tant que personnes " nécessitant protection ", et ce à la suite de l’accident nucléaire de Tchernobyl en 1986. Le Néerlandais Jan Pronk, l’ancien envoyé spécial des Nations unies au Soudan, suggère que les "réfugiés nucléaires" puissent être ajoutés à cette catégorie à la suite de la crise au Japon. " Le débat est ouvert sur la possibilité de faire face une très grande augmentation de réfugiés de ce genre à l’avenir ", dit-il.

Etienne Piguet, de l’Union géographique internationale, n’est pas d’accord. Les migrants environnementaux, dit-il, ne jouissent d’aucune protection en vertu de la Convention des Nations unies pour les réfugiés, même s’ils sont victimes d’une catastrophe due à l’homme.

" Légalement, il n’existe pas de définition de réfugié environnemental et la Convention de 1951 ne reconnaît pas les perturbations environnementales comme une raison pour accorder le statut de réfugié. Les réfugiés et les migrants environnementaux ne peuvent profiter du droit international, étant donné que jusqu’à présent ils n’ont pas de statut en tant que tels " .

Selon Etienne Piguet, les pays ne sont pas tenus légalement d’accepter
les Japonais cherchant refuge en raison des retombées nucléaires

" Il n’existe aucun cadre, dit-il, pour leur accorder le statut de réfugiés. Mais en même temps, il y a une crise humanitaire et les Nations unies pourraient envoyer une aide humanitaire. " [Source]

 

Voilà qui, à n'en pas douter, va apporter de l'eau du moulin à ceux qui ne font jamais rien, fidèles au dicton : « Quand tu fais quelque chose, tu as contre toi ceux qui font la même chose, tu as contre toi ceux qui font le contraire, tu as contre toi ceux qui ne font rien ». Einstein l'avait lui aussi dépeint à sa manière : « Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.»

Du reste, nous avons eu un avant-goût de la verve de certains via les commentaires sur certains blogs.

 

A chacun, donc d'écrire l'histoire. Son histoire.

L'Histoire jugera.

 

fukushima-hebergements@laposte.net 

Posté par Hebergements à 18:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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